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#1 2009-11-18 02:12:47

Ishimaru Chiaki
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[Documentaire - QC] Trisomie 21 : Le défi Pérou

Salut à tous !

Je viens vous parler d'un film-documentaire québécois que j'ai visionné ce soir à Canal Vie.  Ma mère, en tant qu'employée et ex-membre du CA de la Table de concertation des associations de personnes handicapées de la Côte-Nord, a eu la chance de le voir en salle à Sept-Îles, en compagnie de sa patronne et des autres membres du CA.


Origine du film et synopsis

Tout a commencé lorsqu'un professeur d'éducation spécialisée, lui-même papa d'un garçon atteint de trisomie 21, a entrepris de relever un défi audacieux, qui consiste à faire vivre à ses six élèves, chacun jumelé à un adulte trisomique, l'expérience de gravir les montagnes du Pérou jusqu'au Macchu Picchu, suivie d'un séjour dans des familles péruviennes pour une mission humanitaire, dans le but de briser les préjugés qui persistent sur les trisomiques en leur montrant combien ces personnes sont capables de se surpasser et de donner de leur temps à la communauté.  Beaucoup pensaient que ça ne marcherait pas et que le professeur allait se planter royalement, mais il croyait à ce défi.

C'est donc après des mois de préparations que finalement, en compagnie d'un guide touristique, de Jean-Marie Lapointe ainsi que d'une équipe de tournage, que le professeur, ses six élèves et les six adultes handicapés (trois garçons et trois filles), qu'ils se sont envolés vers le Pérou.  Le point de départ se trouvait à 3500 mètres d'altitude, dans une petite ville péruvienne, où ils ont dû commencer par s'acclimater à l'altitude, tout en ayant un premier bain de culture, avant d'entamer la première montée à pied, où chaque étudiant encourageait son adulte, et où certains des trisomiques ont dû affronter leurs peurs, comme c'est le cas de Simone, qui souffre de vertige et qui, à un moment, a demandé que Jean-Marie Lapointe lui tienne la main pour qu'elle se sente assez en confiance pour passer à un endroit plutôt étroit où la côte en bas était à pic.  Ce bout m'a particulièrement émue, probablement parce que ça me rappelle toutes les fois où je croyais que je n'arriverais pas à terminer un projet quand ça devient difficile.

Après cette première montée, ils font une courte pause dans une autre petite ville avant de prendre le train pour atteindre le sentier suivant qui les mènera au Macchu Picchu et donc, à une première grande victoire sur les barrières dont on tend trop souvent de mettre autour des handicapés.

Après cette première partie du voyage, le groupe séjourne ensuite dans un petit village péruvien dont le niveau de vie est très modeste et où chaque équipe résidera dans une famille et donnera sa contribution en temps et en sueur à la communauté, notamment en plantant des arbres et en montant les assises pour ajouter un pavillon à l'école du village.  Et on découvre qu'en terme d'adaptation à une nouvelle culture, ce n'est pas nécessairement les handicapés qui auront le plus de mal.  Au contraire, ce sont leurs accompagnateurs qui vivront le plus le choc culturel, pendant qu'au bout de quelques jours, les adultes handicapés étaient vite acclimatés et aimeraient passer le reste de leurs jours dans le village.  Et contrairement à ce que certains pensaient, les six trisomiques ont été accueillis chaleureusement par les villageois, et les réticences qu'il pouvait y avoir le premier jour se sont vite évanouies, et ce sont même les pères péruviens qui venaient à eux !  Le séjour s'est terminé par une grande fête le dernier soir avant le retour au Québec.


Une leçon de vie et d'humanité

Les étudiants et leurs compagnons trisomiques sont repartis grandis de leur expérience et avec de beaux souvenirs qu'ils garderont toute leur vie.  L'expérience prouve que l'on ne doit pas imposer de limites sur la simple base du handicap et qu'au contraire, on doit les stimuler et les pousser à se surpasser dans ce qu'ils aiment faire.  Je cite notamment une fille trisomique que j'ai connue au secondaire et qui se classe parmi les meilleures patineuses artistiques du Québec dans la catégorie "Olympiques spéciaux".  Même moi, qui a une déficience visuelle, j'ai dû sans cesse repousser mes limites et faire mentir les pronostics qui avaient été faits à mon sujet quand j'étais bébé.  En effet, qui aurait cru qu'un malvoyant pouvait être webdesigner ?

On peut constater aussi à quel point chaque personne trisomique est différente, par leur personnalité et par leur degré de déficience, au-delà du simple fait d'être atteints de trisomie 21, et combien ces personnes-là sont authentiques et entières : Quand ils sont tristes, ont peur ou sont joyeux, ils le manifestent sans tabou.  S'ils trouve que quelquechose est laid, ils le diront, point barre.  De plus, malgré leur déficience intellectuelle, ils sont capables d'être bien plus futés que les boulets qui traînent sur le Net.


En conclusion

Si vous avez la chance de mettre la main sur ce très beau documentaire, particulièrement si vous habitez au Québec, je vous recommande chaudement de le visionner.  Je ne sais pas quand est-ce que le DVD sera disponible (que ce soit en location ou en vente), mais ma mère a l'intention de s'en procurer une copie.  Quant à une distribution ailleurs qu'au Québec, je ne sais pas si ça sera le cas.


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La chose la plus chiante pour un Linuxien, c'est quand la loi de Murphy frappe en plein pendant qu'un Windowsien est présent.

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